Chemin de temps pascal

lundi 11 mai

On demande à  Abba Arsène : “pourquoi frère, t’es tu fait ermite ? L’homme ne peut vivre sans ses semblables.”
– Mais il ne peut vivre non plus avec eux car à la longue il lui est intolérable qu’un autre lui soit semblable.
Abba Athanase était sur le point de mourir ; il répondit au médecin qui lui disait qu’à son avis il n’avait rien de grave ;
– heureusement, ainsi je meurs en bonne santé !

5e dimanche de Pâques

Abba Jean Colobos a dit : “Je suis comme un homme assis sous un grand arbre et qui voit venir à lui beaucoup de bêtes sauvages et de serpents. Chaque fois qu’il ne peut leur résister, il court monter dans l’arbre et il est sauvé. C’est ce que je fais, moi aussi ; je suis assis dans ma cellule et j’observe les mauvaises pensées qui m’assaillent et quand je défaille devant elles, je me réfugie en Dieu par la prière, et je suis sauvé de l’Ennemi.”

samedi 9 mai

Un frère de Pharan du nom d’Aretas était un peu relâché dans sa vie monastique. Quand il fut sur le point de mourir, quelques-uns des pères étaient autour de lui. Et son ancien, le voyant partir du corps avec joie lui dit : “Frère assurément nous savons tous que tu n’étais pas trop zélé  pour l’ascèse ; comment donc t’en vas-tu ainsi avec contentement ?”
Le frère lui répondit : “Sûrement, père, tu dis la vérité. Néanmoins depuis que je suis devenu moine je n’ai pas jugé un homme mais sur le champ, le jour même, je me suis réconcilié avec lui. Aussi j’ai l’intention de dire à Dieu : “Tu as dit, ô Maître, ne jugez pas et vous ne serez pas jugés, pardonnez et il vous sera pardonné.” Tous furent édifiés et l’ancien lui dit : “Paix  à toi mon enfant car toi tu seras sauvé même sans labeur”.”

vendredi 8 mai, Prions pour la France

Dans un monastère situé sur les bords de la mer Rouge, l’higoumène dit un jour :
– en ce monastère, il y a trop de perroquets. Les frères s’étonnèrent grandement car il ne savait pas l’existence de ces oiseaux. Ils demandèrent alors quelques éclaircissements à l’higoumène.
– Ils sont nombreux, dit-il, ceux qui disent ce qu’ils pensent, dès qu’ils savent ce que disent les autres.

Parlant d’Adam, un ancien dit : “Adam fut le premier d’une très longue série de maris à se plaindre de ce que sa femme lui avait donné à manger.”

jeudi 7 mai

Sur le seuil de l’église d’un monastère était assis un pauvre homme qui vivait d’expédients.
– N’as-tu pas honte ? lui cria l’higoumène. Il y a un mois tu étais aveugle et aujourd’hui, te voici manchot.
– Ne te mets pas en colère Abba, mais réjouis-toi plutôt. J’ai en effet retrouvé la vue et j’en ai eu une telle émotion que les bras m’en sont tombés.

Abba Isaïe vécu dans une telle pauvreté qu’à sa mort un frère demanda :
– De quoi est-il mort ?
– Je ne le sais pas, répondit d’un ancien, et je sais encore moins de quoi il a vécu…

mercredi 6 mai

Abba Euloge a dit : “Ne me parlez pas des moines qui ne rient jamais. Ils ne sont pas sérieux.”

– Abba, quel visage ai-je ? demanda un frère à Abba Palade.
– Le tien, répondit l’ancien. Pourquoi me demandes-tu cela ?
– Parce que j’ai vu que beaucoup avaient le visage de tous les autres, excepté le leur.

Abba Hilarion dit un jour : “Être triste c’est comme penser continuellement à soi-même.”

mardi 5 mai

Un ancien, qui depuis des années combattait, laissa échapper cette prière : “mon Dieu, si tu es partout, comment se fait-il que je sois si souvent ailleurs ?”

lundi 4 mai

Un frère interrogea un ancien :
– Comment est-il possible de savoir si l’on est sage, bon, vertueux ?
– Savoir ce qu’on doit faire est sagesse ; savoir comment le faire est habileté ; le faire, c’est vertus, répondit l’ancien.
Un ancien dit cette vérité : “Combien de personnes savent tout mais ne comprennent rien. Très peu, par contre, ne savent rien mais comprennent tout !”

4ème dimanche de Pâques. Journée mondiale de prière pour les vocations.

Un jeune moine demanda à Abba Philarète : ” pourquoi permets-tu que ce frère parle si longtemps avec toi ?
– Je le fais pour sa santé. Si en effet un gros bavard ne trouve pas au moins un auditeur dans la journée, il devient enroué.
À un frère qui se lamentait sur le passé un ancien dit : “le passé est comme un œuf cassé, et le futur comme un œuf à couver.”

2 mai, saint Athanase, évêque d’Alexandrie au 4e siècle.

Abba Sérapion racontait à ses frères l’histoire suivante : un jour un ancien du désert de Nitrie arriva au paradis et fut très surpris des grandes festivités que l’on était en train de préparer.
– Je ne suis pas digne d’un tel accueil, dit-il à Saint-Pierre
– en vérité, dit le grand Portier, ces festivités ne sont pas pour toi mais pour un évêque…
– Je comprends, dit l’ancien, c’est une question de hiérarchie !
– C’est une question de rareté, dit Saint-Pierre. Ici nous avons des moines par milliers, alors qu’il est très rare de voir arriver un évêque.

1er mai,  Saint Joseph travailleur

Dans un monastère, un scribe était d’une étonnante lenteur. Un père vint demander conseil à l’higoumène.
– Abba, lui dit-il, ce jeune scribe est très, très lent. Les pères qui lui dictent leurs commentaires de l’Écriture risquent de s’impatienter…
– Confie-le donc alors au père Euphrosime, l’ancien qui bégaye…

jeudi 30 avril

L’higoumène d’un monastère de Nitrie écrivit au supérieur d’un monastère d’Égypte : “un frère du nom d’Eulalius  qui se trouvait d’abord chez toi est venu vivre dans mon monastère. Dis-moi, je t’en prie, si son tempérament est stable.”
Il reçut cette brève réponse : “complètement immobile.”
Abba Bessarion a dit d’un célèbre dignitaire d’Alexandrie : ” Il trahit tout, sauf ses propres émotions.”

29 avril, sainte Catherine de Sienne, tertiaire Dominicaine, docteur de l’Église, co-patronne de l’Europe.

“L’oraison est une mère qui dans l’amour de Dieu conçoit les vertus et les enfante dans l’amour du prochain “. Sainte Catherine (1347-1380)

Un jeune moine demanda à un ancien :
– Abba, est il important d’être prudent ?
– C’est toujours important, dit-il. Mais il est encore plus important encore que notre prudence ne soit pas la peur qui marche sur la pointe des pieds.

mardi 28 avril

Un Bédouin énorme vint un jour trouver Abba Sisoès :
– Abba, lui dit-il pourrais-tu me donner un conseil pour maigrir ?
– Vraiment, objecta  l’ancien ce n’est pas le genre de conseils que je donne. Cependant tu peux essayer de faire de longues galopades avec ton chameau ; il se peut que cela t’aide… Quelques temps après, Abba Sisoès  retrouva le Bédouin.
– Comment cela s’est-il passé ? lui demanda-t-il
– Très bien, Abba. En 15 jours, le Chameau a maigri de 20 kilos !

lundi 27 avril

Un higoumène fit un jour une homélie sur la création. L’homélie, plutôt longue, finit sur ces paroles :” chaque brin d’herbe est une homélie pour ceux qui savent comprendre.”
Quelques jours après, un père passa près de la cellule de l’higoumène et vit que l’ancien était en train de couper l’herbe qui avait poussé tout autour.
– Je vois avec plaisir, Abba, que tu es en train de raccourcir tes homélies !

3e dimanche de Pâques

Un ancien a dit : “le pire moment pour un athée, c’est lorsqu’il se sent plein de reconnaissance et qu’il ne sait qui remercier.
Abba Isaïe a dit : ” si l’Église n’a plus le courage de ses opinions, ce n’est pas par manque de courage, mais par manque d’opinions.”
Abba Macaire  et Abba Bessarion s’entretenaient au sujet d’un frère.
– je ne l’ai jamais entendu parler mal de qui que ce soit, dit le premier. Et l’autre d’ajouter :
– ce sera sans doute parce qu’il ne parle que de lui…

samedi 25 avril, Saint-Marc, fondateur de l’Église d’Alexandrie qui l’appelle :” le contemplateur de Dieu”.

Pendant son voyage à Smyrne, Abba Calixte se trompa de chemin. Or, dans la plus absolue solitude, surgit tout à coup un voyageur et Abba Calixte s’en réjouit fort.
– Excuse-moi, frère, lui dit-il, sais-tu m’indiquer la route de Smyrne ?
– Mais tous les ânes la connaissent, répondit celui-ci, un peu impoliment.
– C’est bien pour cela que je te l’ai demandée.

vendredi 24 avril saint Fidèle

À un moine qui se plaignait constamment, Abba Macaire dit : es-tu  malheureux ? Pense à une girafe qui a mal à la gorge ou encore à un mille-pattes qui a des cors.
À un ancien qui tous les jours devait aller de Scété au Mont-Ghizel à dos de mulet pour puiser de l’eau, un novice demanda :
– Abba, monter le mulet chaque jour ne te donne pas mal à la tête ?
– C’est tout l’opposé frère , c’est tout l’opposé !

jeudi 23 avril Saint-Georges

Deux frères vivaient dans la même cellule. Un jour, un ancien d’âge vénérable vint les trouver. Lorsqu’il se retira un frère dit :
– vraiment, je ne lui donnerais pas 70 ans.
– D’autant plus, répondit l’autre, que si tu les lui donnais, il refuserait…

mercredi 22 avril

De nombreux pères du désert vécurent longtemps, et même centenaires. Abba Isaïe fut l’un d’entre eux. Le jour de ses 100 ans, un frère beaucoup plus jeune que lui vint le trouver et lui dit :
– je suis venu me réjouir avec toi, Abba, pour toutes ces années de vie et j’espère bien l’an prochain célébrer avec toi tes 101 ans.
– je l’espère moi aussi, lui répondit l’ancien, car ta santé me semble excellente.

mardi 21 avril Saint-Anselme

Un sage de ce monde fit un jour une visite à Abba Zénon
– Abba, lui demanda-t-il, est-ce que tu sais me dire ce qu’est un philosophe ?
– Le philosophe est comme un aveugle qui cherche dans une chambre noire un chat noir qui n’y est pas, répondit l’ancien
– mais qu’est-ce qu’un théologien ?
– Le théologien c’est la même chose mais quelquefois, il trouve le chat…

Lundi 20 avril

Avant de devenir moine, Abba Longin travaillait à Téré dans une fabrique de paniers. Chaque jour il devait en confectionner une quinzaine. Une fois, travaillant bien dur, il réussit à en fabriquer une vingtaine et demanda à son patron :
– Est-ce que je n’ai pas droit à une récompense pour ces paniers ?
– Oui, répondit le patron ; mais tu sais bien ce que dit la Bible : ” tu gagneras ton pain à la sueur de ton front.”
– Mais, il n’est dit nulle part que je dois gagner aussi le tien, répondit Longin.

Dimanche de la Miséricorde

Lorsque Abba Bessarion se résolut à partir pour le désert, un groupe de jeunes effrontés fit cercle autour de lui en se moquant :
– mais où t’enfuis-tu Bessarion ? Ne sais-tu pas que le diable est mort ?
– Je vous fais toutes mes condoléances, pauvres orphelins ! Leur répondit le saint père.

Samedi de Pâques

Un frère, qui avait quitté le monde pour fuir au désert, reçut de sa famille le message suivant : “reviens à la maison, ne cours pas après l’impossible. L’unique valeur authentique, c’est la famille.” À l’envers du message se trouvait cependant un post-scriptum : ” lorsque tu seras décidé à rentrer, avertis-nous à temps car nous avons loué ta chambre…”

Vendredi de Pâques

Il y avait à Alexandrie un évêque qui préférait l’étude à son ministère de pasteur. Un jour, un ancien, venu le consulter, s’entendit répondre par le secrétaire de l’évêque :
– Abba, excuse-moi. L’évêque ne peut te recevoir, il étudie.
– Il est bien désagréable d’avoir un évêque qui n’a pas encore terminé ses études, répliqua alors l’ancien.

Jeudi de Pâques

Quelques pères racontèrent à un ancien que l’un d’eux s’étant trop avancé au sud du désert de Scété avait été dévoré par une tribu cannibale. L’ancien, pour adoucir leur tristesse, fit cette réflexion : “du moins ces pauvres sauvages aurons ainsi savouré pour la première fois quelque chose de notre religion ! ”

Mercredi de Pâques

Un jeune moine était en train de laver sa salade quand un frère l’aborda qui, voulant le mettre à l’épreuve, lui demanda :
–  Sauras-tu me répéter ce que l’ancien a dit dans l’homélie ce matin ?
–  Je ne me souviens plus, avoua le jeune moine.
–  Pourquoi donc écoutes-tu l’homélie, si tu ne te la rappelles plus ?
–  Regarde, frère. L’eau lave la salade, cependant elle ne reste pas dans les feuilles ; pourtant, ma salade est parfaitement lavée.

Mardi de Pâques

Un jeune homme converti depuis peu demanda à un ancien : Abba, devrais-je maintenant renoncer complètement au monde ? N’ai pas peur, lui répondit-il. Si ta vie est vraiment chrétienne, c’est le monde qui immédiatement renoncera à toi.

Lundi de Pâques

Un sage de ce monde alla visiter un ancien. Constatant que celui-ci ne possédait qu’une Bible, il lui offrit un commentaire que lui-même avait écrit. Un an après il renouvela sa visite et demanda : Abba, mon livre t’a-t-il servi à mieux comprendre la Bible ? C’est le contraire qui est arrivé, lui répondit l’ancien. J’ai dû me servir de la Bible pour comprendre ton livre.

Pâques Alléluia

C’est bien le propre du mystère de Dieu d’agir de manière humble. C’est seulement petit à petit qu’il construit dans la grande histoire de l’humanité son histoire. Il se fait homme, il souffre et il meurt et, comme Ressuscité, il ne veut atteindre l’humanité qu’à travers la foi des siens auxquels il se manifeste. Continuellement, il frappe humblement aux portes de nos cœurs et, si nous lui ouvrons, lentement il nous rend capable de “voir”.
Benoît XVI

Samedi saint

Toute la vie de l’Église jusqu’à la fin des temps, toute vie surnaturelle donnée aux créatures, jaillit de ce rocher creusé où votre sacré Corps a reposé trois jours : votre sépulcre est le grand baptistère où tous les enfants d’Adam se plongent, pour un renaître enfants de Dieu.
Charles Gay  (1815-1892)

Vendredi Saint

Son heure allait venir, à laquelle il ne serait pas contraint de mourir, mais il accepterait d’être tué. En effet, lui savait quand il devrait mourir ; sa passion viendrait dans l’ordre de ce qu’il avait disposé, et non selon la nécessité du destin. C’est quand il l’a voulu qu’il est venu vers les hommes, quand il l’a voulu qu’il a vécu parmi eux, quand il l’a voulu qu’il est mort selon la chair : cela fut selon sa puissance, non pas selon la nécessité.
Saint-Augustin (354-430)

Jeudi Saint

Nous mangeons notre Dieu. Quel admirable et ineffable amour il a fallu, pour inventer cette merveille ! Cet amour dépasse tous les sens, et cet amour devrait blesser le cœur de tous les hommes, tellement il est au-dessus de tout, l’amour de Jésus pour nous. Or il n’y a point de chose matérielle  qui soit aussi proche et aussi intime à l’homme que le boire et le manger reçus dans la bouche de l’homme, et c’est précisément pour cela, c’est pour s’unir à nous de la façon la plus proche et la plus intime, qu’il a trouvé ce merveilleux procédé.
Jean Tauler (1300-1361)

Mercredi Saint

Tout d’un coup, cette parole divine s’imposa à mon âme : “mon amour pour toi n’a pas été une plaisanterie ! ” Ces mots me frappèrent d’une douleur mortelle, car les yeux de mon âme s’ouvrirent aussitôt, et j’ai vu à quel point ce qu’ils disent est vrai. Et j’ai vu ce qu’a opéré cet amour, j’ai vu tout ce que ce Fils de Dieu a fait par cet amour, j’ai vu tout ce qu’a supporté dans sa vie et dans sa mort cet Homme Dieu, passionné de cet amour indicible, de cet amour d’entrailles. Et j’ai vu tout ce qu’a opéré la tendresse infiniment vrai de cet amour.
Sainte Angèle de Foligno (1249-1309)

Mardi 7 avril

Jésus-Christ a souffert de la part de ses ennemis tous les genres de persécutions. Il ne leur a opposé que son innocence et la vérité ; il a laissé agir leur passion, il s’est tu quand il les a vu obstinés dans leur malice ; il n’a pas cherché à se justifier, ce qui lui était si aisé ; il s’est laissé condamner ; il leur a pardonné, il a prié, il a versé son sang pour eux.
Jean-Nicolas Grou (1731-1803)

Lundi 6 avril

Le dévouement de la charité embrasse tous les hommes sans exception, ceux-là mêmes qui nous haïssent, qui nous ont blessés par leurs paroles ou leurs procédés et ont eu envers nous les plus grands torts : car tous sont enfants de Dieu, et Dieu n’entend pas qu’on haïsse un seul de ses enfants ; tous sont membres d’un même corps, dont Jésus-Christ est le chef, et Jésus-Christ n’entend pas que ses membres se divisent, se haïssent, et il tient pour fait à lui-même ce qu’on fait au moindre d’entre eux.
André Hamon (1795-1874)

Dimanche des Rameaux

Ne nous contentons pas de lire l’histoire de la Passion du Sauveur, portons la continuellement dans notre esprit et dans notre cœur ; ayant toujours présents à nos yeux la couronne d’épines, le manteau, le roseau, les soufflets, les coups qu’on lui a portés aux yeux, les crachats, les dérisions, les moqueries. Si Jésus-Christ a souffert toutes ces choses c’est afin que nous suivions ses pas, et que nous supportions avec fermeté les mots piquants et les railleries qui ont coutume de nous émouvoir et d’allumer le plus notre colère.
Saint Jean Chrysostome (350- 407)

Samedi 4 avril

Le Seigneur veut que ses enfants soient unis par les liens de la paix et de la concorde ; il veut qu’ils persévèrent dans cette charité qu’ils tiennent de leur seconde naissance. Nous donc,  persévérons dans la paix qu’il nous a laissée, et n’ayons qu’un seul esprit, qu’une seule pensée et qu’un seul sentiment. Le Seigneur n’accepte pas le sacrifice de celui qui conserve dans son cœur des sentiments de haine. Le sacrifice le plus agréable à Dieu c’est la paix, la concorde fraternelle.
Saint Cyprien de Carthage (+ 258)

Vendredi 3 avril

Seigneur, mon Dieu, que votre amour est admirable pour moi ! Vous m’aimez, me désirez, me cherchez avec autant de soin et d’ardeur que si j’étais quelque chose et comme si je vous étais fort nécessaire. Vous désirez autant me posséder et craignez autant de me perdre que si, en me possédant ou en me perdant, vous possédiez ou perdiez quelque grand trésor. Vous recherchez mon amitié avec autant d’instance que si votre bonheur en dépendait. Oh bonté, je me perds dans vos abîmes.
Saint-Jean-Eudes (1601-1680)

Jeudi 2 avril

Investis-toi totalement dans le moment présent, mais pour moi, avec moi, voilà l’unique nécessaire. Vis totalement l’instant présent pour moi avec moi et en moi, voilà l’essentiel. Peu importe alors que tu sois à mes pieds, écoutant ma parole ou près des fourneaux tournant la sauce, l’essentiel est que tu me laisses vivre cela en toi. Aussi l’important est d’être près des choses, non dans les choses. L’important est d’être détaché, donc disponible, prêt à n’importe quel engagement que je pourrais te demander.
Maître Eckhart (1260- 1328)

Mercredi 1er avril

Notre vie, frère bien-aimé, est un pèlerinage loin de la patrie des Saints, la Jérusalem céleste. Aussi faut-il nous tourner vers elle en sachant que nous sommes des pèlerins en route. Sur ce chemin, nous avançons par l’amour de Dieu et du prochain. Celui qui aime, court ; s’il aime beaucoup, il court vite ; s’il aime moins, il avance lentement, s’il n’aime pas du tout, il reste sur place ; et s’il désire le siècle, il regarde en arrière, tournant le dos à la patrie.
Saint-Augustin. (354-430)

Mardi 31 mars

Tous, nous savons ce qu’est un appartement-témoin. Lorsqu’on construit un immeuble d’habitation, c’est souvent que l’on termine et décore un appartement-témoin qui permet de deviner ce que sera l’immeuble quand il sera achevé. Et bien ! La vocation des chrétiens, c’est de réaliser tout de suite des appartements- témoins qui permettront de deviner ce que sera la vie du Ressuscité, la vie éternelle. La résurrection, ce n’est pas un lot de consolation pour plus tard, c’est notre vocation aujourd’hui.
Père Jean Corbineau

Lundi 30 mars

La voie de la foi est essentiellement une voie obscure, une voie où l’âme ne connaît rien par les lumières ordinaires de la raison. Il est donc évident que, dans une telle voie, ce n’est plus par nos réflexions que nous devons nous conduire, mais par la lumière de la foi et par le mouvement du Saint-Esprit.
Jean-Nicolas Grou (1731- 1803)

5ème dimanche de Carême

Donner sa vie, cela n’est pas réservé aux martyrs ; c’est, dans chaque décision, dans chaque acte, donner concrètement quelque chose de soi-même : son temps, son sourire, son amitié, son savoir-faire, sa présence, même silencieuse, même impuissante, son attention, son soutien matériel, moral et spirituel, sa main tendue… Sans réserve sans calcul, sans peur de se perdre…
Monseigneur Pierre Claverie (1938 – 1996, assassiné en août)

Samedi 28 mars

Combien de fois nous soupçonnons Dieu ! Nous pensons qu’il peut nous envoyer quelque épreuve, nous priver de la liberté, nous abandonner. Mais c’est une grande tromperie, la tentation du diable : insinuer la méfiance envers Dieu. Marie surmonte cette première tentation par son “me voici”. Et aujourd’hui, nous regardons la beauté de la Vierge Marie, qui est née et a vécu sans péché, toujours docile et transparente pour Dieu.
Pape François

Vendredi 27 mars

La Parole de Dieu est parole d’amour : elle demande la confiance absolue, et si nous ne lui donnons pas notre foi, nous ne comprendrons pas ce qu’elle prétend nous révéler. Ce qui veut dire qu’accueillir la Parole de Dieu suppose que notre volonté soit disposée à entrer dans la sienne, et que nous fassions taire tout ce qui en nous voudrait autre chose que ce que Dieu veut ; alors seulement nous serons en paix pour entendre celui qui parle au plus profond de notre cœur.
Père Max Huot de Longchamp

Jeudi 26 mars

La vérité de L’ÉCRITURE nous sera connue par la lumière surnaturelle qui est donnée à qui veut la recevoir de la grâce. toute lumière qui sort de la Sainte Écriture, sort de cette lumière. Les ignorants, orgueilleux de leur science, s’aveuglent dans la lumière, parce que leur orgueil et les nuages de l’amour-propre en couvrent et en cachent la clarté. Ils comprennent la lettre et l’apparence de L’ÉCRITURE plus qu’ils n’en saisissent le sens ; ils goûtent la lettre en consultant beaucoup de livres mais ils ne goûtent pas la moelle de L’ÉCRITURE parce qu’ils sont privés de la lumière avec laquelle L’ÉCRITURE a été formée.
Sainte-Catherine de Sienne (1347-1380)

Mercredi 25 mars, Annonciation

Marie entre dans une maison, dans une cellule de prison, dans la chambre d’un hôpital, dans une maison de repos, dans une école, dans une clinique de réhabilitation… pour dire : “ne suis-je pas ici, moi qui suis ta mère ?” C’est une femme qui marche avec la délicatesse et la tendresse d’une mère, elle se fait accueillir dans la vie de famille, elle défait tous les nœuds des problèmes que nous réussissons à créer et elle nous apprend à rester debout au milieu des tempêtes.
Pape François

Mardi 24 mars

La confiance dans la capacité du Christ à nous sauver des pires péchés qui nous dominent, et des situations les plus désespérées, doit être une confiance absolue et sans mélange en sa personne ; sans raisonner, ni débattre avec le diable, sans considérer la faiblesse de notre volonté et de notre chair, et sans calculer ce que nous risquons de perdre. La confiance dans le Christ doit être parfaite comme le Christ, vigoureuse comme le Christ et fidèle comme le Christ.
Père Matta el Maskine (1919-2006)

Lundi 23 mars

La prière nous met en condition de découvrir notre image divine ; quand nous la perdons, nous perdons la dignité de cette image et sa ressemblance avec Dieu. Dieu nous attire à lui par la prière ; et nous, par la prière, nous marchons vers lui en un profond mystère. Ou plutôt, en réalité, c’est nous qui, par la prière, attirons Dieu à nous : il vient à nous et fait en nous sa demeure. (Jean 14, 23).
Catherine Aubin les fenêtres de l’âme

4e dimanche du carême, “Laetare !” : “Réjouis-toi!”

Conservez-vous premièrement dans la paix : et alors vous pourrez la donner aux autres. Le pacifique est plus utile que le savant. Un homme passionné change le bien en mal, et croit le mal aisément. L’homme paisible est bon ramène tout au bien. Celui qui est affermi dans la paix ne pense mal de personne ; mais l’homme inquiet est mécontent et agité de divers soupçons : il n’a jamais de repos et n’en laisse point aux autres. Il dit souvent ce qu’il ne faudrait pas dire. Ayez donc premièrement du zèle pour vous-même, et vous pourrez ensuite avec justice l’étendre sur le prochain.
Thomas Kempis (1379-1471)

Samedi 21 mars

C’est grâce à la rencontre avec l’amour de Dieu, qui se convertit en heureuse amitié, que nous sommes délivrés de notre conscience isolée et de l’auto- référence. Nous parvenons à être pleinement humains quand nous sommes plus qu’humains, quand nous permettons à Dieu de nous conduire au-delà de nous-mêmes pour que nous parvenions à notre être le plus vrai. Là se trouve la source de l’action évangélisatrice. Parce que, si quelqu’un a accueilli cet amour qui lui redonne le sens de la vie, comment peut-il retenir le désir de le communiquer aux autres ?
Pape François

vendredi 20 mars

Tant que Dieu pense à moi, j’existe. Tant que Dieu me veut, j’existe. Tant que Dieu m’aime, j’existe. Le seul fait d’exister est la preuve irréfutable que Dieu pense à moi, que Dieu me veut, que Dieu m’aime. Si Dieu m’oubliait un seul instant, je disparaîtrais. Mon existence est suspendue à son amour comme le fruit à l’arbre. Quand un enfant naît, le cordon ombilical est coupé. Mais entre Dieu et moi, le cordon n’est jamais coupé, il ne peut être coupé. Saint-Paul nous dit : “en lui nous existons, nous subsistons, nous sommes”.
Père Henri Boulad, sj

Jeudi 19 mars Saint-Joseph

La discrétion extrême avec laquelle Joseph accomplit le rôle que Dieu lui avait confié met encore davantage en évidence sa foi, qui consista à se placer toujours à l’écoute du Seigneur, en cherchant à comprendre sa volonté, afin d’obéir à celle-ci de tout son cœur et de toutes ses forces. C’est pourquoi l’Évangile le définit comme un homme juste. En effet le juste est une personne qui prie, qui vit de la foi et qui cherche à accomplir le bien en chaque circonstance concrète de la vie.
Saint Jean-Paul II

Mercredi 18 mars

Lorsque une âme s’est abandonnée à la conduite de l’Esprit Saint, il l’élève peu à peu et la gouverne. Au commencement, elle ne sait où elle va, mais peu à peu la lumière intérieure l’éclaire et lui fait voir toutes ses actions et le gouvernement de Dieu en ses actions, de sorte qu’elle n’a presque autre chose à faire que de laisser faire à Dieu en elle, et par elle, ce qu’il lui plaît ; ainsi elle s’avance merveilleusement.
Louis Lallemand (1588-1635)

Mardi 17 mars, saint-Patrick

En elle-même la miséricorde est la plus grande des vertus, car il lui appartient de donner aux autres, et, qui plus est, de soulager leur indigence ; ce qui est éminemment le fait d’un être supérieur. Ainsi se montrer miséricordieux est-il regardé comme le propre de Dieu, et c’est par là surtout que se manifeste sa toute-puissance.
Saint-Thomas-d’Aquin (1224-1274)

lundi 16 mars

Le baptême au quotidien, c’est la sainteté, c’est-à-dire la grâce de Dieu acceptée jour après jour, qu’elle soit ressentie comme facile ou difficile, agréable ou non.
Il faut laisser agir Dieu sur nous et recevoir les invitations qu’Il nous donnera sans faire réflexion si elles sont grandes ou petites : c’est assez qu’elles soient de Dieu. C’est la voie en laquelle Dieu veut que vous marchiez, voie sûre, tranquille et pleine de paix, et en laquelle on ne veut rien que contenter Dieu.
Jean de Bernières- Louvigny. (1602-1659)

3e dimanche de Carême

Jésus, fontaine de vie, fais-moi boire en toi la coupe d’eau vive, pour que t’ayant goûté, je n’ai plus jamais soif sinon de toi. Plonge-moi tout entière dans la profondeur de ta miséricorde. Baptise-moi dans la pureté sans tache de ta mort précieuse. Renouvelle-moi dans ton sang, par lequel tu m’as rachetée. Dans l’eau de ton côté très saint, lave toutes les taches dont j’ai pu souiller l’innocence de mon baptême. Remplis-moi de ton Esprit, et possède-moi tout entière en pureté d’âme et de corps. Amen.
Sainte-Gertrude (1256-1301)

Samedi 14 mars

L’aboutissement ou le fruit de la Sainte Écriture est la plénitude de l’éternelle félicité. Car elle est l’Écriture dans  laquelle sont les paroles de la vie éternelle et, elle est donc écrite, non seulement pour que nous croyions, mais aussi pour que nous possédions la vie éternelle dans laquelle nous verrons, nous aimerons, et où nos désirs seront universellement comblés. C’est donc dans ce but et dans cette intention que la Sainte Écriture doit être étudiée, enseignée et entendue.
Saint-Bonaventure (1221- 1274)

Vendredi 13 mars

Le bien tend toujours à se communiquer. Chaque expérience authentique de vérité et de beauté cherche par elle-même son expansion, et chaque personne qui vit une profonde libération acquiert une plus grande sensibilité devant les besoins des autres. Lorsqu’on le communique, le bien s’enracine et se développe. C’est pourquoi, celui qui désire vivre avec dignité et plénitude  n’as pas d’autres voie que de reconnaître l’autre et chercher sont bien.
Pape François

Jeudi 12 mars

Le Christ est transfiguré sur la montagne c’est pourquoi il a besoin de témoins, des témoins qui consacrent toute leur existence aux témoignages ; il leur suffit d’avoir comme but dans la vie de témoigner de la lumière sur la montagne, de la liberté de Dieu sur la montagne. Un tel témoignage est plus une charge qu’une dignité. Il exige une vie qui connaît l’air des hauteurs et qui le diffuse. La sainteté, est authentique où elle n’est pas. Finalement tout dépend d’un simple aiguillage, l’une des voies conduit vers le moi, l’autre vers Dieu et vers le témoignage de foi : non comme je veux mais comme tu veux, Père. Le christianisme n’est pas plus difficile que cela.
Urs Von Balthasar (1905-1988)

Mercredi 11 mars

La méditation répand des bons mouvements en la volonté, comme sont l’amour de Dieu et du prochain, le désir du paradis, le zèle du salut des âmes, l’imitation de la vie de Notre-Seigneur, la compassion, l’admiration, la réjouissance, la crainte du Jugement Dernier et de l’enfer, la haine du péché, la confiance en la bonté et miséricorde de Dieu, la confusion  pour notre mauvaise vie passée ;  et en ces affections, notre esprit se doit et épancher et étendre le plus qu’il lui sera possible.
Saint François de Sales (1567-1622)

Mardi 10 mars

Si tu aspires à prier, ne fais rien de tout ce qui est incompatible avec la prière, afin que Dieu s’approche et fasse route avec toi. S’il survient quelque provocation  ou contradiction et que tu sois irrité et sentes ta colère se porter à rendre la pareille ou à répliquer, souviens-toi de la prière et du jugement qui t’y attend, et aussitôt le mouvement désordonné s’apaisera en toi. Tout ce que tu feras pour te venger d’un frère qui t’aura fait du tort, tout cela te deviendra une pierre d’achoppement au moment de la prière.
Évagre le Pontique. (346-399)

Lundi 9 mars

Il ne faut point chercher Dieu loin de nous, il ne faut pas le chercher avec effort, ni le chercher par notre action, il ne faut point chercher de le sentir, et pas même le chercher, mais il faut nous persuader qu’il nous a trouvés. Et ainsi, au lieu de nous occuper ou à le chercher ou à le sentir ou à faire des efforts et des actes, abandonnés à sa conduite, afin qu’il opère en nous et par nous selon son bon plaisir, tenons notre esprit dans cette persuasion et notre cœur dans cette disposition ; et de cette manière demeurons constamment dans une profonde paix.
Jean Rigoleuc ( 1596 1658)

2e dimanche de Carême

Beaucoup voudraient suivre Notre-Seigneur en la montagne du Thabor, mais fort peu en celle du Calvaire. L’une est néanmoins plus profitable que l’autre : il y a plus de profit à accomplir la volonté de Dieu ou bien à l’aimer en quelque événement qui nous contrarie, qu’a écouter parler Notre-Seigneur dans les consolations que l’on reçoit parfois en la prière.
Saint François de Sales (1567-1622)

Samedi 7 mars

Jésus ne dis pas  “mon Père” qui êtes dans les cieux ; mais “notre Père”. Il bannit aussi par là toutes les aversions et les inimitiés ; il réprime l’orgueil, il chasse l’envie et il introduit dans les âmes la charité. Il détruit encore toutes les inégalités et les différences de conditions et d’états, et il égale admirablement le pauvre avec le riche, et le sujet avec le prince, puisque nous nous trouvons tous unis dans les choses les plus importantes et les plus nécessaires qui sont celles du salut.
Saint Jean Chrysostome. (350-407)

Vendredi 6 mars

Nous nous devons d’embarquer sur la mer de la Divine Providence, sans biscuits, sans rames, sans avirons, sans voiles, et enfin sans nul sorte de provisions ; et ainsi laisser tout le soin de nous-même et du succès de nos affaires à Notre Seigneur, sans retours ni répliques, ni crainte quelconque de ce qui pourrait nous arriver.
Saint François de Sales (1567-1622)

Jeudi 5 mars

Vouloir nous retirer d’entre les bras de la Providence pour prendre la conduite de nous-mêmes, c’est être mal conseillés, puisque nous ne pouvons pas avoir une bonne pensée, si Dieu ne nous la donne ; nous ne pouvons rien faire, ni rien dire, pas seulement prononcer ces paroles : “Abba Pater”, dit saint Paul, sans la grâce de Dieu.
Saint-Vincent de Paul (1581-1660)

Mercredi 4 mars

Pendant qu’il régit les astres et préside aux révolutions de la terre, Dieu concourt aux travaux de la fourmi, au moindre mouvement des insectes qui pullulent dans l’air, de ces millions d’atomes qui vivent dans une goutte d’eau. Sans lui, pas une feuille ne s’agite, pas un brin d’herbe ne meurt, pas un grain de sable n’est emporté par le vent. Il veille avec sollicitude sur les oiseaux du ciel, sur le lys des champs ; et, comme nous valons mieux qu’une foule de passereaux, il ne saurait oublier ses enfants de la terre.
Don Vital Lehodey. (1857-1948)

Mardi 3 mars

Ignorer les écritures c’est ignorer le Christ disait Saint-Jérôme. Quand avons-nous ouvert pour la dernière fois notre Nouveau Testament ? Avons-nous une Bible à la maison ? Avons-nous lu complètement au moins l’un des quatre Évangiles ? Autant de questions à se poser en ce début de Carême… c’est porté par l’Esprit Saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu. Mais si l’Écriture est au cœur de la Parole de Dieu, elle ne l’épuise pas, car le même Esprit Saint qui a inspiré les auteurs bibliques, continue d’inspirer ses lecteurs  formant peu à peu la Tradition de l’Église.
Père Max Huot de Longchamp

Lundi 2 mars

L’unique désir de Dieu est d’entrer dans notre cœur et d’y régner, non pour faire son propre bonheur : qu’a-t-il besoin de nous pour être heureux ? Mais pour faire le nôtre, non seulement dans l’éternité, mais dès cette vie ; car il est certain, et par la raison, et par la foi et par l’expérience, qu’il n’y a  point de félicité pour l’homme hors de Dieu.
Jean-Nicolas Grou (1731 1803)

1er mars, 1er Dimanche de Carême

Pour que ton cœur ne succombe pas à la soif dans ce désert, que le Christ soit en ton cœur, que sa douceur soit en ton cœur : c’est le maître intérieur qui va t’enseigner, le Christ qui va t’enseigner, son inspiration qui va t’enseigner.
Saint-Augustin (354-430)

Samedi 29 février

Vous aurez beau accomplir un grand nombre de bonnes œuvres, si vous n’apprenez pas à renoncer à votre volonté propre et à vous soumettre à la volonté de Dieu, si vous ne perdez pas toute préoccupation de vous-même et de ce qui vous concerne, vous ne ferez pas de progrès dans la sainteté.
Saint Jean de la Croix (1542-1591)

Vendredi 28 février

Reconnais que Dieu seul est la pierre sur laquelle on puisse reposer. Tout le reste est creux et décevant : c’est le monde des apparences et non des réalités. Elles ne sont d’aucun secours,  car on les a acquiert à grand peine, on les possède dans l’inquiétude, et on les quitte avec chagrin. Si tu as du jugement, regarde de haut tout ce qui ne fait que passer, afin de n’être pas entraîné dans l’avalanche. Ne fait qu’un avec celui qui demeure éternellement ; attache-toi à lui par le lien de l’amour : élève ton cœur vers Dieu, afin qu’il ne croupisse pas sur la terre.
Saint Robert Bellarmin (1542-1621)

Jeudi 27 février

Ô mon Dieu ! Je sais que vous voulez qu’un coeur qui vous aime soit au large. Loin, loin, cette sagesse triste et craintive qui se ronge toujours elle-même, qui tient toujours la balance en main pour peser les atomes ! Vous voulez qu’on vous aime uniquement : voilà sur quoi tombe votre jalousie ; mais quand on vous aime, vous laissez agir librement l’amour, et vous voyez bien ce qui vient véritablement de lui.
Fénelon (1651-1715)

Mercredi des Cendres

Écoutons le rossignol qu’est le Christ, et qui nous chante : ” faites-vous des trésors dans les cieux ! ”
Écoutons la tourterelle qui est l’Église et qui nous dit : “Souviens toi, ô homme, que tu es poussière, et que tu retourneras en poussière ! ”  Voilà les premières notes de tout le Carême, voilà les deux bornes du chemin pénitentiel : on part des cendres et on va au ciel, on part de la misère et l’on acquiert des  trésors.
Saint François de Sales (1567-1622)

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